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lundi, 29 octobre 2007

La vérité du paradigme imposé

Sous-jacente à l’incapacité de nos enseignants à distinguer la norme du fait en glissant de l’un à l’autre dans leurs innocentes considérations sur la société « post-industrielle », il y a une certaine conception de l’école que, bien entendu, il vaut mieux laisser implicite, tant il n’est pas sûr qu’elle puisse passer autrement qu’en contrebande.

En la matière, la lecture du philosophe constitue un précieux allié dans l’effort de lucidité.

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« Sans doute l'usine connaissait déjà le système des primes, mais l'entreprise s'efforce plus profondément d'imposer une modulation de chaque salaire, dans des états de perpétuelle métastabilité qui passent par des challenges, concours et colloques extrêmement comiques. Si les jeux télévisés les plus idiots ont tant de succès, c'est parce qu'ils expriment adéquatement la situation d'entreprise. L'usine constituait les individus en corps, pour le double avantage du patronat qui surveillait chaque élément dans la masse, et des syndicats qui mobilisaient une masse de résistance ; mais l'entreprise ne cesse d'introduire une rivalité inexpiable comme saine émulation, excellente motivation qui oppose les individus entre eux et traverse chacun, le divisant en lui-même. Le principe modulateur du « salaire au mérite » n'est pas sans tenter l'Éducation nationale elle-même : en effet, de même que l'entreprise remplace l'usine, la formation permanente tend à remplacer l'école, et le contrôle continu à remplacer l'examen. Ce qui est le plus sûr moyen de livrer l'école à l'entreprise.

 

(…)

 

Ce qui compte, c'est que nous sommes au début de quelque chose. Dans le régime des prisons : la recherche de peines de « substitution » au moins pour la petite délinquance, et l'utilisation de colliers électroniques qui imposent au condamné de rester chez lui à telles heures. Dans le régime des écoles : les formes de contrôle continu, et l'action de la formation permanente sur l'école, l'abandon correspondant de toute recherche à l'Université, l'introduction de l' « entreprise » à tous les niveaux de scolarité.

 

(…)

 

Beaucoup de jeunes gens réclament étrangement d'être « motivés », ils redemandent des stages et de la formation permanente ; c'est à eux de découvrir ce à quoi on les fait servir, comme leurs aînés ont découvert non sans peine la finalité des disciplines. »

 

Deleuze, "Post-scriptum sur les sociétés de contrôle", in L 'autre journal, n°1, mai 1990

 

vendredi, 12 octobre 2007

Crétinisme et rénové

Thomas Gunzig – Je réfléchissais, j’écoutais parler Jacques [de Decker], et c’est formidable, quand on écoute parler, on apprend des choses.

 

 

Ali Baddou – Oui, je vous le confirme.

 

 

Thomas Gunzig Alors moi, je suis le bon exemple des trentenaires peut-être bruxellois ou belges en général, c’est-à-dire on est le fruit de l’enseignement réformé, ben c’est une forme d’enseignement où on n’apprend plus grand-chose, on apprend des choses comme ça très vagues, donc l’histoire de la Belgique, on la connaît extrêmement mal, j’ai appris plein de choses là maintenant en quelques secondes, et en plus peut-être qu’il faut aller chercher là aussi les problèmes linguistiques.

 

 

Nous – N’est-il pas ?

 

 

Béatrice Delvaux  Je me demandais si Thomas chantait la Marseillaise aussi à la place de la Brabançonne.

 

 

 

Extrait de cette émission.

dimanche, 07 octobre 2007

TIC et éducation

«The less pupils use computers at school and at home, the better they do in international tests of literacy and maths, the largest study of its kind says today.»

 

Ce constat n’étonnera que les plus naïfs, mais il vaut la peine de lire ce petit article du Daily Telegraph l’expliquant un peu.

 

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