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dimanche, 06 janvier 2008
L'universel concret
A propos de la Belgique aujourd'hui, cette lettre d'Elysée Reclus écrite depuis Quélern, à un ancien camarade de prison, à laquelle la République les avaient condamnés :
« Février 1878. […] Comme toi, je suis d’avis que l’écrasement des communes flamandes a été un des grands malheurs de l’humanité ; je crois aussi que leur aplatissement par la bourgeoisie de langue française est une ignominie et, comme toi, j’en suis écœuré. Sans doute vos communes sont libres en droit ; à elles de se grouper comme elles l’entendent avec d’autres communes flamandes ou néerlandaises, du Sud ou du Nord. C’est un attentat que d’intervenir entre les Flamands et leur langue, leur pensée même, et de dire : « Dans telle et telle circonstance, tu parleras français ». Mais tous les droits se tiennent, si les Flamands se bornent à lutter pour la conquête d’un seul droit, flamand, et non pour le droit humain, comment veux-tu qu’ils nous intéressent, nous entraînent passionnément à leur suite ? Quelques-uns d’entre eux ont si bien rapetissé leur cause qu’ils l’ont rendu solidaire des conquêtes germaniques… Tôt ou tard, les soldats prussiens reprendront leurs « frontières naturelles » jusqu’au Pas-de-Calais. Ces événements de l’avenir, je les vois d’avance avec regret, car plus que tous les autres peuples, les Allemands représentent la discipline – c'est-à-dire la mort. »
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